Relevé d’étanchéité
Relevé d'étanchéité : définition, types, pose et normes DTU
Le relevé d'étanchéité est le point singulier le plus critique d'une toiture-terrasse. Responsable de plus de 40 % des sinistres d'infiltration, il assure la continuité étanche entre le plan horizontal de la membrane et les parties verticales : acrotères, murs, costières, cheminées. Sa hauteur minimale, sa finition et son mode de fixation sont encadrés par le DTU 43.1.
Qu'est-ce qu'un relevé d'étanchéité ?
Le relevé d'étanchéité (ou remontée d'étanchéité) est la partie verticale du complexe d'étanchéité d'une toiture-terrasse. Il correspond au rabattement et à la fixation de la membrane d'étanchéité sur toutes les parties émergentes du toit : acrotères, murs de façade, costières de lanterneaux, souches de cheminées, gaines techniques et tout élément franchissant le plan de toiture.
Le relevé n'est pas une simple continuité de la membrane horizontale. Il doit être fixé mécaniquement en tête (platine boulonnée, profilé à pattes ou gorge scellée) et terminé par un solin (bavette métallique) qui empêche les ruissellements de s'infiltrer derrière la membrane. Sans relevé correctement exécuté, toute l'étanchéité horizontale est compromise.
📐 Relevé vs autres éléments du complexe d'étanchéité
| Élément | Position | Rôle principal | Norme |
|---|---|---|---|
| Relevé d'étanchéité | Vertical – parties émergentes | Continuité étanche en hauteur | DTU 43.1 §5 |
| Membrane horizontale | Plan de toiture | Imperméabilité de surface | DTU 43.1 §4 |
| Solin (bavette) | Tête du relevé | Protection mécanique + finition | DTU 40.x / DTU 43.1 |
| Costière | Vertical – autour équipements | Relevé pour lanterneaux / VMC | DTU 43.1 §6 |
| Joint de dilatation | Horizontal + vertical | Absorption des mouvements | DTU 43.1 §7 |
| Noue | Angle rentrant | Collecte et évacuation des EP | DTU 43.1 §5.3 |
Rôles et fonctions du relevé d'étanchéité
🛡️ Continuité de l'étanchéité
Le relevé assure la jonction imperméable entre la membrane horizontale et les parties verticales. Tout défaut à cet endroit crée une voie d'infiltration directe vers la structure et les planchers.
📏 Hauteur réglementaire ≥ 150 mm
Le DTU 43.1 impose une hauteur minimale de 150 mm au-dessus du niveau fini d'étanchéité, portée à 200 mm en zone de montagne (altitude > 900 m ou charge neige > 100 kg/m²).
🔄 Absorption des mouvements différentiels
Le relevé absorbe les dilatations thermiques différentielles entre la membrane souple (bitume, EPDM) et les structures rigides (béton, maçonnerie, acier). Sans cette souplesse, les contraintes fissurent la membrane.
💧 Protection contre la remontée capillaire
Le relevé empêche l'eau de ruissellement de migrer par capillarité derrière le pare-pluie de façade ou dans l'isolant périphérique, évitant ainsi la saturation des matériaux.
🔒 Ancrage mécanique de la membrane
La fixation en tête (platine boulonnée, profilé à pattes, scellement) retient la membrane contre la dépression de vent ascendant, conformément à l'Eurocode 1 – NF EN 1991.
🧱 Protection de la structure
En empêchant la saturation des acrotères et des murs de refend, le relevé prévient la dégradation du béton par carbonatation, cycles gel-dégel et corrosion des armatures.
Les 6 types de relevés d'étanchéité
Le matériau du relevé est généralement identique ou compatible avec la membrane horizontale. Voici les six familles utilisées en France métropolitaine.
① Relevé bitumineux soudé — Le plus courant
Membrane SBS ou APP rabattue verticalement et soudée à la flamme sur l'acrotère ou le mur. Deux couches obligatoires (sous-couche EIF + finition) selon le DTU 43.1. Finition granulée ardoisée sur la partie visible.
- Épaisseur : 3,5–5 mm (2 couches)
- Résistance à la traction : ≥ 700 N/5 cm
- Température : –25 °C / +100 °C
- Durée de vie : 20–35 ans
- Norme : NF EN 13707 / DTU 43.1
② Relevé EPDM collé — Toiture-terrasse privative
Caoutchouc vulcanisé EPDM (1,2–1,5 mm) rabattu et collé en plein avec adhésif néoprène ou collage à l'eau (EPDM fleeced). Idéalement, membrane horizontale et relevé forment un seul lé sans joint intermédiaire.
- Épaisseur : 1,0–2,5 mm
- Allongement à rupture : ≥ 300 %
- Température : –45 °C / +120 °C
- Durée de vie : 25–40 ans
- Norme : NF EN 13956
③ Relevé résine liquide PMMA / PU — Points singuliers complexes
Application liquide (résine PMMA ou polyuréthane) armée d'un voile de verre ou polyester. Idéale pour les géométries complexes : noues, angles rentrants, pénétrations. Épaisseur maîtrisée couche par couche sans joint.
- Épaisseur totale : 1,5–4 mm
- Traction : ≥ 2,5 MPa — allongement 50–120 %
- Température : –30 °C / +80 °C
- Durée de vie : 15–25 ans
- Norme : NF EN 1504-2 / ATec CSTB
④ Relevé PVC / TPO soudé à l'air chaud — Terrasse accessible
Membrane PVC plastifiée ou TPO (thermoplastique polyoléfine) soudée à l'air chaud (400–600 °C) en lé continu. Finition nette, disponible en blanc réfléchissant. Bon comportement aux UV, adapté aux terrasses accessibles et végétalisées.
- Épaisseur : 1,2–2,0 mm
- Résistance à la traction : ≥ 900 N/5 cm (PVC)
- Température : –30 °C / +80 °C
- Durée de vie : 20–30 ans
- Norme : NF EN 13956
⑤ Relevé en plomb laminé — Patrimoine & cheminées
Feuille de plomb (2–3 mm) façonnée à la main et scellée dans la maçonnerie. Utilisé en rénovation de bâtiments anciens, autour des souches de cheminées et en noues sur ardoise. Durabilité exceptionnelle, entretien quasi nul.
- Épaisseur : 1,8–3 mm — densité 11,3 g/cm³
- Traction : ≥ 20 MPa — allongement ≥ 60 %
- Température : –50 °C / +200 °C
- Durée de vie : 50–100 ans
- Norme : NF EN 12588
⑥ Relevé zinc / aluminium / acier inoxydable — Solin métallique
Profilé métallique plié (zinc prépatiné, aluminium laqué ou acier inox 316L) fixé mécaniquement. Sert à la fois de tête de relevé et de solin. Compatible avec tous les types de membranes, très fréquent en finition d'acrotère.
- Zinc prépatiné : 0,65–0,80 mm — durée de vie 40–60 ans
- Aluminium laqué : 0,7–1,0 mm — durée de vie 30–50 ans
- Acier inox 316L : 0,5–0,8 mm — durée de vie 80–100 ans
- Traction inox : ≥ 515 MPa — température –60 °C / +300 °C
Caractéristiques techniques comparatives
| Type de relevé | Épaisseur | Traction | Température | Durée de vie |
|---|---|---|---|---|
| Bitumineux SBS (2 couches) | 3,5–5 mm | ≥ 700 N/5 cm | –25 / +100 °C | 20–35 ans |
| Bitumineux APP (2 couches) | 4–6 mm | ≥ 700 N/5 cm | –10 / +130 °C | 15–25 ans |
| EPDM non armé collé | 1,0–1,5 mm | ≥ 9 MPa | –45 / +120 °C | 25–40 ans |
| PVC armé soudé à l'air chaud | 1,2–2,0 mm | ≥ 900 N/5 cm | –30 / +80 °C | 20–30 ans |
| TPO soudé à l'air chaud | 1,2–1,8 mm | ≥ 800 N/5 cm | –40 / +90 °C | 20–35 ans |
| Résine PMMA + voile de verre | 1,5–4 mm | ≥ 2,5 MPa | –30 / +80 °C | 15–25 ans |
| Plomb laminé NF EN 12588 | 1,8–3 mm | ≥ 20 MPa | –50 / +200 °C | 50–100 ans |
| Zinc prépatiné | 0,65–0,80 mm | ≥ 200 MPa | –40 / +150 °C | 40–60 ans |
| Acier inox 316L | 0,5–0,8 mm | ≥ 515 MPa | –60 / +300 °C | 80–100 ans |
📐 Hauteurs réglementaires selon situation (DTU 43.1)
| Situation | Hauteur minimale | Remarques |
|---|---|---|
| Acrotère / mur de façade standard | ≥ 150 mm | Mesuré depuis le niveau fini d'étanchéité |
| Zone de montagne / forte neige | ≥ 200 mm | Altitude > 900 m ou charge neige > 100 kg/m² |
| Costière de lanterneau / VMC | ≥ 150 mm | Au-dessus du plan de toiture fini |
| Souche de cheminée | ≥ 150 mm | + solin scellé ou bavette plomb |
| Joint de dilatation | ≥ 300 mm | Chaque côté du joint |
| Traversée conduit / câble | ≥ 150 mm | Manchon d'étanchéité EPDM ou résine |
| Noue (angle rentrant) | ≥ 100 mm | Bande de renfort ≥ 500 mm de large obligatoire |
Matériaux et accessoires associés
🔩 Systèmes de fixation en tête de relevé
- Profilé d'arrêt à pattes (alu anodisé ou inox) : platine boulonnée toutes les 300–400 mm dans l'acrotère, joint compressible EPDM interposé. Solution la plus courante pour membranes bitumineuses et EPDM.
- Profilé encaissé (gorge scellée) : rainure 20 × 20 mm taillée dans la maçonnerie, membrane pliée et coincée au mortier de calage. Utilisé pour plomb et zinc sur bâti ancien.
- Profilé adhésif butyle + platine : fixation sans perçage pour relevés EPDM autocollants et résine liquide sur supports délicats.
- Solin zinc / alu laqué : bavette emboîtée sur l'acrotère, agrafage latéral tous les 500 mm, joint silicone neutre en tête. Recouvrement ≥ 30 mm sur le relevé.
🧱 Accessoires d'étanchéité clés
- Chanfrein de pied de relevé : arrondi ou biseau 45° (R ≥ 50 mm) obligatoire à l'angle pied-de-mur (DTU 43.1 §5.1.1). Évite la déchirure de la membrane à 90°.
- Primaire d'adhérence EAC : enduit bitumineux à froid, 200–300 g/m², séchage 2–4 h avant la pose de la membrane.
- EIF (écran d'indépendance de fond) : voile de verre 50 g/m² encollé permettant les glissements thermiques différentiels.
- Bande de renfort d'angle : largeur 200–500 mm, posée à l'angle rentrant avant le lé courant.
- Manchon de pénétration EPDM : manchon moulé Ø 50–200 mm, collage circonférentiel avec adhésif néoprène ou ruban butyle.
- Joint de dilatation en Ω : profilé PVC ou EPDM absorbant ± 10–15 mm de mouvement différentiel entre les deux costières.
Mise en œuvre du relevé d'étanchéité : les 11 étapes
Phasage complet pour un relevé bitumineux SBS (le plus fréquent), conforme au DTU 43.1 §5.
① Préparation du support vertical
Vérifier l'aplomb et la planéité (écart maxi 5 mm sous règle de 2 m). Brosser les effloresences, reboucher les épaufrures ≤ 5 mm au mortier (attente 28 jours). Contrôle humidité : taux ≤ 5 % à la bombe au carbure.
② Réalisation du chanfrein de pied de relevé
Chanfrein 45° de 50 × 50 mm (ou arrondi R ≥ 50 mm) obligatoire à l'angle pied-de-mur. Mortier de chanfrein prêt à l'emploi ou chanfrein bitumineux préformé. Séchage minimum 24 h.
③ Application du primaire d'adhérence (EAC)
Primaire bitumineux au pinceau ou rouleau sur toute la surface du relevé : 200–300 g/m². S'étendre 100 mm sur la partie horizontale. Séchage 2–4 h (tacky mais non collant).
④ Pose de l'EIF (écran d'indépendance de fond)
Dérouler un EIF (voile de verre 50 g/m²) collé à l'EAC depuis la partie horizontale jusqu'au pied du relevé — largeur ≥ 200 mm de chaque côté de l'angle.
⑤ Pose de la sous-couche (1re membrane)
Membrane SBS sous-couche (3–4 mm, polyester 180 g/m²) soudée à la flamme. Démarrer depuis la partie horizontale (≥ 200 mm) et remonter verticalement. Vitesse de soudure : 5–8 m/min. Bourrelet de bitume de 10 mm visible en bord avant.
⑥ Pose de la membrane de finition (2e couche)
Membrane SBS finition ardoisée (4–5 mm) soudée en plein sur la sous-couche. Joints décalés d'au moins 200 mm par rapport à la 1re couche. Recouvrement longitudinal ≥ 80 mm, transversal ≥ 200 mm.
⑦ Fixation mécanique en tête de relevé
Pose du profilé d'arrêt à pattes (alu anodisé ou inox) à l'extrémité haute. Vissage toutes les 300–400 mm, chevilles Ø 6 × 50 mm dans béton ou maçonnerie portante. Joint EPDM interposé entre profilé et membrane.
⑧ Pose du solin (bavette de finition)
Bavette zinc prépatiné (e = 0,65 mm) ou alu laqué emboîtée sur l'acrotère. Recouvrement ≥ 30 mm sur le relevé. Joint silicone neutre en tête côté mur. Agrafage latéral toutes les 500 mm. Ne pas sceller rigidement (dilatation thermique).
⑨ Traitement des angles rentrants et sortants
Angles rentrants : pièce de renfort préformée (largeur ≥ 300 mm) soudée avant le lé courant. Angles sortants : recoupement en biais à 45°, soudé en plein. Jamais de bride simple sans renfort à ces points critiques.
⑩ Traitement des pénétrations et traversées
Manchon préfabriqué EPDM ou collerette bitumineuse soudée autour de chaque conduit. Hauteur du manchon ≥ 150 mm au-dessus du niveau fini. Bride de serrage inox + mastic polyuréthane en couronnement.
⑪ Contrôle d'étanchéité et réception
Test de rétention d'eau : mise en eau 20–30 mm pendant 24–48 h après obturation des évacuations (méthode DTU 43.1 §8). Contrôle visuel des bourrelets, jonctions, têtes de relevé et manchons. PV de réception obligatoire.
⚠️ Erreurs fréquentes à éviter
▸ Relevé < 150 mm (surtout en rénovation) ▸ Soudure sur support humide (cloquage immédiat) ▸ Absence de chanfrein (déchirure à l'angle) ▸ Profilé d'arrêt collé sans vissage (arrachement par vent) ▸ Solin scellé rigidement sur toute sa longueur (fissures thermiques) ▸ Joints non décalés de 200 mm ▸ Oubli de bande de renfort sur angle rentrant ▸ Manchon de pénétration non bridé mécaniquement.
Glossaire — 20 termes essentiels du relevé d'étanchéité
Voici les définitions des principaux termes que vous rencontrerez sur un chantier d'étanchéité de toiture-terrasse :
🔸 Acrotère — Muret périphérique d'une toiture-terrasse en béton ou maçonnerie, servant de support au relevé d'étanchéité et de garde-corps bas.
🔸 APP (atactique polypropylène) — Modificateur de bitume (25–30 %) conférant résistance à haute température (+130 °C) et rigidité. Souplesse à froid inférieure au SBS.
🔸 Bavette (solin) — Profilé métallique plié en tête de relevé assurant la finition imperméable entre la membrane et le mur ou l'acrotère.
🔸 Bourrelet de bitume — Filet de bitume fondu visible en bord de soudure : témoin d'un collage complet et correct de la membrane par torchage à la flamme.
🔸 Chanfrein de pied de relevé — Arrondi ou biseau à 45° (R ≥ 50 mm) à l'angle pied-de-mur pour éviter le pli à 90° de la membrane et la concentration de contraintes.
🔸 Costière — Cadre métallique solidaire de la structure servant de support au relevé pour les équipements traversant la toiture (lanterneau, VMC, climatisation).
🔸 DTU 43.1 — Document Technique Unifié régissant l'étanchéité des toitures-terrasses avec membranes bitumineuses. Le §5 est entièrement consacré aux relevés.
🔸 EAC — Enduit d'Accrochage à froid (primaire bitumineux). Appliqué sur le support avant la membrane : 200–300 g/m², améliore l'adhérence et protège contre l'humidité résiduelle.
🔸 EIF — Écran d'Indépendance de Fond : voile de verre encollé séparant la membrane du support pour permettre les glissements thermiques différentiels.
🔸 EPDM — Éthylène-Propylène-Diène Monomère : élastomère résistant aux UV et à l'ozone, allongement ≥ 300 %, utilisé en membranes mono-couche ou bi-couche.
🔸 Joint de dilatation — Dispositif en Ω (PVC ou EPDM) absorbant les mouvements structuraux différentiels ± 10–15 mm. Le relevé de chaque côté doit être ≥ 300 mm.
🔸 Manchon de pénétration — Pièce moulée (EPDM, PVC ou bitumineuse) assurant l'étanchéité autour des traversées de toiture (tuyaux, câbles, conduits de ventilation).
🔸 Noue — Angle rentrant entre deux versants de toiture ou jonction toiture-terrasse/mur. Point le plus sollicité hydrauliquement : renfort ≥ 500 mm de large obligatoire.
🔸 PIR — Mousse polyisocyanurate : panneau isolant rigide (λ ≈ 0,023 W/m·K) à parement voile de verre bitumé, directement soudable en sous-couche.
🔸 PMMA — Polyméthacrylate de méthyle : résine acrylique liquide réactive par catalyseur. Durcissement en 20–60 min quelle que soit la température extérieure.
🔸 Profilé d'arrêt à pattes — Profilé aluminium ou inox boulonné en tête de relevé toutes les 300–400 mm. Assure la fixation mécanique résistant à la dépression de vent (Eurocode 1).
🔸 SBS (styrène-butadiène-styrène) — Élastomère thermoplastique (5–18 %) conférant souplesse à froid (–25 °C) et résistance à la fatigue. Modificateur de référence pour les membranes bitumineuses DTU 43.
🔸 Solin scellé — Ancienne technique de scellement direct du plomb ou zinc dans une rainure maçonnée. Remplacée par le profilé à pattes pour absorber les dilatations thermiques.
🔸 TPO — Thermoplastique polyoléfine : membrane sans chlorure (contrairement au PVC), soudable à l'air chaud, bonne résistance UV et chimique. Durée de vie 20–35 ans.
🔸 Toiture-terrasse inversée — Configuration où l'isolation XPS est posée sur la membrane. Les relevés doivent dépasser l'isolation + la couche de protection pour rester accessibles.
Entretien et réparations des relevés d'étanchéité
🔍 Signes de dégradation à surveiller
- Décollement de membrane : soulèvement visible en bas ou en tête de relevé — défaut d'EAC ou infiltration derrière la membrane.
- Fissure longitudinale : crevasse le long du relevé indiquant un vieillissement du bitume ou un mouvement différentiel excessif.
- Décollage du solin : bavette soulevée ou joint silicone décollé — premier signe d'infiltration possible en tête de relevé.
- Rouille sur platines : corrosion des fixations en acier ordinaire ; les remplacer par de l'inox 316L.
- Mousse ou végétation à la jonction : retient l'humidité, accélère la dégradation chimique du bitume.
- Efflorescence sous le solin : signe que l'eau migre par capillarité derrière le relevé.
🔧 Interventions recommandées
| Problème constaté | Action corrective | Durée | Coût (MO incluse) |
|---|---|---|---|
| Décollage localisé ≤ 500 mm | Nettoyage + séchage + soudure de ragréage | 1–2 h | 80–200 € |
| Fissure de relevé ≤ 2 m | Bande de renfort bitumineuse + résine PMMA | 2–4 h | 150–350 € |
| Solin décollé ou fissuré | Dépose + repose + joint silicone + fixation inox | 1–3 h | 120–300 €/ml |
| Manchon de pénétration fendu | Remplacement manchon EPDM + collerette | 2–4 h | 200–500 €/unité |
| Relevé entier dégradé (> 25 ans) | Réfection totale dépose + repose 2 couches | 1–2 jours | 60–150 €/ml |
| Platines rouillées | Dépose + repose inox 316L + étanchéité perçages | 3–5 h | 100–250 €/ml |
Il est recommandé de faire inspecter ses relevés d'étanchéité par un couvreur-étancheur qualifié (Qualibat 3211 ou 3212) tous les 5 ans, ou après chaque épisode climatique intense (tempête, forte neige, gel prolongé).
Quelle est la durée de vie d'un relevé d'étanchéité ?
La longévité d'un relevé dépend du matériau, de la qualité de la pose, des conditions climatiques locales et de la régularité de l'entretien. Voici les durées de vie moyennes :
- Bitumineux APP : 15–25 ans (exposition UV directe, fortes dilatations réduisent la durée) ;
- Bitumineux SBS 2 couches : 20–35 ans (solin métallique et inspection régulière prolongent la vie) ;
- Résine PMMA / PU : 15–25 ans (couche UV protectrice en finition recommandée) ;
- EPDM collé : 25–40 ans (très stable, sensible aux solvants et perçages non rebouchés) ;
- PVC / TPO soudé : 20–35 ans (plastifiants migrateurs du PVC sont le principal facteur de vieillissement) ;
- Zinc prépatiné : 40–60 ans (patine naturelle protectrice, sensible à la pollution acide) ;
- Plomb laminé NF EN 12588 : 50–100 ans (ductilité exceptionnelle, quasi aucun entretien) ;
- Acier inox 316L : 80–100 ans (aucun entretien en milieu standard, sensible aux chlorures en milieu marin).
Un entretien rigoureux (inspection annuelle + réparation rapide des défauts) peut prolonger la durée de vie d'un relevé de 30 à 50 %. À l'inverse, un relevé négligé peut présenter des signes de faiblesse bien avant les durées annoncées.
Prix indicatifs 2024–2025 des relevés d'étanchéité
Tarifs moyens constatés en France métropolitaine, hors taxes. Paris et IDF en haut de fourchette. MO qualifiée incluse sauf mention contraire.
🛒 Fournitures (prix matériaux HT)
- Membrane SBS relevé finition ardoisée : 6–12 €/ml (largeur 500 mm)
- Membrane EPDM 1,5 mm : 8–15 €/ml (largeur 500 mm)
- Résine PMMA kit relevé : 12–25 €/ml
- Profilé d'arrêt aluminium anodisé : 8–18 €/ml
- Solin zinc prépatiné : 12–22 €/ml
- Solin acier inox 316L : 20–40 €/ml
- Plomb laminé 200 mm : 15–28 €/ml
- Manchon EPDM Ø 100 mm : 18–45 €/unité
🔨 Poses et réfections (fournitures + MO HT)
| Prestation | Prix indicatif HT | Unité |
|---|---|---|
| Pose relevé bitumineux SBS (2 couches) | 25–50 € | mètre linéaire |
| Pose relevé EPDM collé | 30–55 € | mètre linéaire |
| Pose relevé résine PMMA | 40–80 € | mètre linéaire |
| Pose solin zinc / alu (fourni + posé) | 30–60 € | mètre linéaire |
| Pose solin plomb scellé (souche cheminée) | 60–120 € | mètre linéaire |
| Traitement angle rentrant (renfort + relevé) | 80–200 € | pièce |
| Traitement costière lanterneau complet | 150–400 € | pièce |
| Pose manchon pénétration conduit | 150–350 € | pièce |
| Réfection relevé complet (dépose + repose) | 60–150 € | mètre linéaire |
| Toiture complète SBS relevés inclus (neuf) | 80–140 € | m² de toiture |
| Toiture complète EPDM relevés inclus | 90–160 € | m² de toiture |
Les travaux d'étanchéité intégrant une isolation performante peuvent bénéficier de MaPrimeRénov' (jusqu'à 75 €/m² d'isolation), de la TVA à 10 % (logement > 2 ans) et des Certificats d'Économie d'Énergie (CEE). Entreprise RGE Qualibat obligatoire pour bénéficier de ces aides.
Réglementation et normes applicables
Les relevés d'étanchéité sont soumis à un cadre normatif précis. Voici les textes de référence à connaître :
📜 Documents Techniques Unifiés (DTU)
- DTU 43.1 (NF P 84-204) : étanchéité bitumineuse des toitures-terrasses. §5 entièrement consacré aux relevés : hauteurs, fixations, points singuliers.
- DTU 43.3 (NF P 84-206) : toitures en tôles d'acier nervurées. Relevés sur costières et acrotères métalliques.
- DTU 43.4 (NF P 84-207) : toitures-terrasses avec isolation inversée. Relevés avec panneaux XPS flottants.
- DTU 43.5 (NF P 84-208) : réfection des ouvrages d'étanchéité. Reprise des relevés existants, compatibilité des systèmes.
🇪🇺 Normes européennes
- NF EN 13707 : membranes bitumineuses flexibles pour toitures — classification, performances, essais.
- NF EN 13956 : membranes polymériques (EPDM, PVC, TPO) — traction, souplesse à froid, résistance UV.
- NF EN 12588 : plomb laminé pour bâtiment — épaisseur 1,25–3 mm, essais de traction et allongement.
- Eurocode 1 – NF EN 1991 : charges de vent et de neige pour le dimensionnement des fixations mécaniques et hauteurs en montagne.
🏠 Réglementations et qualifications
- RE 2020 : perméabilité à l'air n50 ≤ 0,6 vol/h. Les relevés participent à la continuité de l'enveloppe étanche à l'air.
- Garantie décennale (art. 1792 C. civ.) : les relevés d'étanchéité relèvent de la garantie décennale obligatoire. RC décennale exigée avant tout démarrage.
- Qualibat 3211 / 3212 : qualification étanchéité des toitures-terrasses. 3211 = travaux courants, 3212 = travaux complexes. Obligatoire pour marchés publics et aides d'État.
- ATec / DTA (CSTB) : Avis Technique ou Document Technique d'Application pour les procédés innovants (résines liquides, membranes hors DTU). Valide les prescriptions de pose des relevés.
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