Souche de cheminée
Souche de cheminée : définition, composants, entretien et pathologies
La souche de cheminée est la partie de la cheminée qui émerge au-dessus du versant de toiture. Maillon indispensable entre le conduit de fumée intérieur et l'atmosphère extérieure, elle est soumise aux intempéries, aux cycles thermiques et aux contraintes mécaniques du vent — ce qui en fait l'un des points les plus vulnérables d'une toiture. Les raccords d'étanchéité entre la souche et la couverture (solins et contre-solins) sont statistiquement l'une des premières causes d'infiltration dans les maisons équipées d'une cheminée.
📖 Définition et composants d'une souche de cheminée
La souche de cheminée (aussi appelée tête de cheminée) est la partie maçonnée ou métallique du conduit de fumée qui dépasse du versant de toiture. Elle comprend :
- Le corps de la souche : maçonnerie (brique réfractaire, pierre, bloc béton) ou conduit métallique (double paroi inox) formant la paroi extérieure de la cheminée.
- Le chaperon (ou couronnement) : coiffe en béton, en pierre ou en zinc couronnant le sommet de la souche et la protégeant des infiltrations par le dessus. En pente vers l'extérieur pour l'évacuation des eaux.
- Le conduit intérieur : tubage en inox, en terre cuite ou en fibrociment à l'intérieur de la souche, assurant l'étanchéité du trajet des fumées.
- Les solins : raccords en zinc ou en plomb à la base de la souche, assurant l'étanchéité entre la souche et la couverture environnante — la zone la plus critique pour les infiltrations.
- Le contre-solin : pièce scellée dans la maçonnerie de la souche au-dessus du solin de couverture, créant un recouvrement étanche par capillarité.
✅ La hauteur minimale de la souche au-dessus du versant est réglementée : le DTU 24.1 et le Code de la Construction imposent que le débouché du conduit se trouve à une hauteur suffisante pour assurer le tirage et éviter les reflux de fumée — en général 40 cm au-dessus du faîtage ou au-delà d'une zone de dépression aérodynamique créée par un obstacle (toit plus haut, arbre, relief). Une souche trop basse par rapport au faîtage crée des problèmes de tirage inverse par vent de dos.
🔧 Les types de solins et raccords d'étanchéité
Solin de couverture
Le solin de couverture est posé sur la couverture, en pied et sur les côtés de la souche. Il est formé d'une bande de zinc de 200 à 300 mm de large, relevée contre la maçonnerie de la souche et posée sous les tuiles adjacentes. Sa fixation à la souche se fait par scellement dans les joints de maçonnerie ou par griffage. En aval (côté rive basse), le solin est remplacé par un noquet en zinc formant un dos-d'âne qui rejette l'eau de chaque côté de la souche.
Contre-solin
Le contre-solin est une bande métallique scellée dans un lit de joint de la maçonnerie de la souche, à 30–50 mm au-dessus du solin de couverture. Il recouvre le relevé du solin, créant un joint en recouvrement étanche à la capillarité. Sans contre-solin, l'eau peut remonter par capillarité entre le solin et la maçonnerie lors de pluies battantes. Sur les souches en briques apparentes, le contre-solin est découpé en pointes de diamant (festons) pour s'adapter au tracé des joints.
Noquet aval (dos-d'âne)
Le noquet aval ou dos-d'âne est une pièce de zinc en forme de V inversé posée côté rive basse de la souche, répartissant l'eau de ruissellement sur les deux côtés de la souche et l'empêchant de s'accumuler contre la maçonnerie. Sa forme symétrique rejet l'eau vers les solins latéraux. C'est la pièce la plus sollicitée par le ruissellement et donc la première à vérifier lors d'une inspection.
Bavette amont
La bavette amont (côté faîtage) est une pièce de zinc recouvrant les tuiles situées au-dessus de la souche et remontant sous le chaperon. Elle évite l'accumulation d'eau et de débris derrière la souche en faisant un plan incliné vers les solins latéraux.
🔍 Pathologies courantes et entretien
Cause n°1 des infiltrations au niveau de la cheminée. Le mastic ou le scellement vieilli se fissure, le zinc se désolidarise de la maçonnerie. Vérification annuelle indispensable.
Les cycles gel-dégel fissure le chaperon en béton ou en pierre. L'eau s'infiltre dans la maçonnerie de la souche, migre vers les solins et crée des taches d'humidité en intérieur.
Les joints de la souche s'érodent avec le temps — rejointoyage tous les 15–20 ans nécessaire pour maintenir l'imperméabilité de la maçonnerie.
Les solins en zinc vieillissent après 30–50 ans. En milieu corrosif (bord de mer, zones industrielles), la durée de vie est réduite à 15–25 ans. Remplacement par du zinc prépatiné ou du plomb laminé.
Une souche non entretenue peut se fissurer structuralement et s'effondrer partiellement — risque de chute sur la couverture ou sur les personnes. Urgence à traiter immédiatement.
Nid d'oiseaux, dépôts de suie, paroi intérieure détériorée — l'obstruction crée un refoulement de fumées dangereux. Ramonage annuel obligatoire (assurance habitation).
⚠️ Une souche de cheminée fissurée ou partiellement effondrée est une urgence de sécurité — les fragments peuvent tomber sur la couverture ou sur les passants, et une cheminée non étanche peut refouler du monoxyde de carbone (CO) dans le logement. En cas de doute sur l'état d'une souche, faire inspecter avant la saison de chauffage et ne pas utiliser la cheminée si l'étanchéité du conduit n'est pas certaine.
🛠️ Réfection d'une souche de cheminée — étapes
- Diagnostic : inspection visuelle depuis le sol (jumelles) et depuis le toit — état du chaperon, des joints de maçonnerie, des solins et contre-solins, état du conduit intérieur visible.
- Dépose de la couverture adjacente : enlèvement des tuiles ou ardoises autour de la souche sur 30–50 cm de chaque côté pour accéder aux solins.
- Dépose des solins existants : démontage des vieux solins zinc ou plomb, nettoyage des joints de scellement.
- Rejointoyage de la maçonnerie : purge des joints dégradés, rejointoiement au mortier de chaux naturelle hydraulique (NHL 3.5) sur toute la hauteur accessible de la souche.
- Réfection ou remplacement du chaperon : ragréage du chaperon fissuré ou démolition et reconstruction en béton hydrofugé, avec pente suffisante vers l'extérieur.
- Pose des nouveaux solins : solins zinc prépatiné ou plomb laminé, avec bavette amont, noquet aval et solins latéraux soudés à toutes les jonctions. Scellement des contre-solins dans les joints de maçonnerie.
- Repose de la couverture : repose des tuiles ou ardoises jusqu'aux solins, vérification de l'étanchéité finale.
📚 Glossaire des 20 termes associés
Pièce zinc côté faîtage de la souche, recouvrant les tuiles supérieures et remontant sous le chaperon — évite l'accumulation d'eau derrière la souche.
Couronnement en béton, pierre ou zinc du sommet de la souche — protège la maçonnerie des infiltrations par le dessus, avec pente vers l'extérieur.
Canal intérieur de la cheminée acheminant les fumées de combustion vers l'atmosphère — en terre cuite, fibrociment ou inox selon l'âge et le type de chauffage.
Bande zinc scellée dans les joints de maçonnerie de la souche, recouvrant le relevé du solin — empêche la remontée d'eau par capillarité entre solin et maçonnerie.
Partie maçonnée (brique, pierre, béton) ou métallique de la souche, formant la paroi extérieure de la cheminée au-dessus du versant.
Autre nom du noquet aval — pièce zinc en V inversé répartissant l'eau de ruissellement sur les deux côtés de la souche.
Document Technique Unifié relatif aux travaux de fumisterie — prescrit les dimensions, hauteurs et raccords des conduits de fumée et souches de cheminée.
Découpe en pointes de diamant du contre-solin, permettant son adaptation au tracé des joints horizontaux de la maçonnerie de la souche.
Mode de fixation d'un solin zinc sur une maçonnerie par retournement de la tranche du zinc dans un joint ouvert puis rebouché au mortier.
Hauteur minimale du sommet de la souche au-dessus du faîtage — en général 40 cm pour assurer le tirage et éviter les refoulements de fumée.
Gaz toxique inodore produit par une combustion incomplète — une souche obstruée ou un conduit non étanche peut provoquer un refoulement de CO dans le logement.
Chaux naturelle hydraulique de classe 3.5 — mortier de rejointoiement recommandé pour les souches de cheminée (souplesse et résistance aux cycles thermiques).
Pièce de zinc en dos-d'âne posée côté rive basse de la souche — rejette l'eau de ruissellement sur les deux flancs de la souche.
Alternative au zinc pour les solins de souche — durée de vie supérieure (50–100 ans), très malléable, plus onéreux. Recommandé en milieu corrosif et pour les souches complexes.
Nettoyage annuel obligatoire du conduit de fumée — condition imposée par les assureurs habitation pour la couverture des sinistres liés à la cheminée.
Reprise des joints de maçonnerie de la souche dégradés par le gel et les intempéries — à réaliser tous les 15–20 ans avec mortier de chaux NHL 3.5.
Bande zinc posée sur la couverture en pied et sur les côtés de la souche, relevée contre la maçonnerie — première barrière contre les infiltrations.
Conduit bloqué par un nid d'oiseaux, un dépôt de suie ou un effondrement partiel — crée un refoulement de fumées et interdit l'utilisation de la cheminée.
Chemisage intérieur du conduit de fumée en tube inox double paroi — restaure l'étanchéité d'un conduit ancien dégradé sans démolir la souche.
Zinc avec traitement de surface créant artificielle-ment la patine grise protectrice — aspect gris mat immédiat, durée de vie 30–50 ans selon l'exposition.
💶 Prix indicatifs 2024–2025
Tarif : 600–1 800 € | Remarque : Solins zinc prépatiné + noquet aval + bavette amont + contre-solins
Tarif : 200–600 € | Remarque : Ragréage ou démolition + reconstruction béton hydrofugé
Tarif : 300–800 € | Remarque : Purge + rejointoiement chaux NHL 3.5 sur toute la souche
Tarif : 1 500–4 000 € | Remarque : Démolition et reconstruction souche + nouveaux solins zinc/plomb
Tarif : 1 500–3 500 € | Remarque : Selon hauteur du conduit et diamètre — restaure l'étanchéité sans démolition
Tarif : 500–1 500 € | Remarque : Démolition au-dessus du versant + fermeture couverture + traitement solin résiduel
Tarif : 150–350 € | Remarque : Contrôle état maçonnerie + solins + conduit + rapport
* TVA 10 % sur réfection (logement > 2 ans). Ramonage annuel obligatoire pour maintien de la garantie assurance habitation — à réaliser par un ramoneur certifié qui remet un certificat de ramonage.
📋 Réglementation applicable
- DTU 24.1 : travaux de fumisterie — prescrit les règles de construction, dimensionnement et raccordement des conduits de fumée et souches de cheminée.
- NF EN 1443 : spécification générale des conduits de fumée — classement de résistance thermique, étanchéité et résistance à la corrosion des conduits et souches.
- Arrêté du 22 octobre 1969 (modifié) : réglementation des installations de chauffage à combustibles solides, liquides et gazeux — impose des hauteurs minimales de débouché des conduits de fumée.
- Code des assurances : la plupart des contrats d'assurance habitation imposent un ramonage annuel du conduit de fumée comme condition de couverture des sinistres (incendie de conduit, intoxication CO).
- DTU 40.11 / 40.21 : les raccords d'étanchéité (solins) entre la couverture et la souche sont traités dans les DTU de couverture — prescriptions de développé minimal des solins et contre-solins.
- Garantie décennale (art. 1792 Code civil) : les travaux de réfection de souche et de solins engagent la responsabilité décennale — les infiltrations résultant d'un solin mal posé sont couvertes pendant 10 ans.
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